Oxmo Puccino à la Cartonnerie : la maîtrise d’un monument du rap français
- Sébastien gomes
- il y a 1 jour
- 2 min de lecture
Ce samedi 31 janvier, la Cartonnerie de Reims était en liesse avant même le début du show. Et en même temps, ça se comprend. Pour le public c’était une date attendue, voire presque solennelle, tant le rappeur occupe une place à part dans le paysage musical français. Oxmo Puccino a franchi ce soir-là les planches de la scène de la cartonnerie avec une aisance qui en ferait jalouser plus d’un. En même temps, c’est loin d’être la première fois qu’il vient jouer à Reims, tant il apprécie cette salle (cf. notre interview)
Un public de fou et de tous âges
Ce soir-là, j’ai vu une salle rassemblée pour une seule chose : la musique. Des fans de la première heure, des jeunes qui ont rattrapé leur retard, des parents accompagnés de leurs ados qui finissent par chanter en chœur… Il n’y a pas d’âge pour apprécier le rap d’Oxmo.
Et c’est assez fou de voir à quel point son premier album Opéra Puccino, résonne encore énormément chez le public. Même quasiment 30 ans plus tard, les premières notes de son titre phare l’enfant seul, suffit pour plonger l’entièreté de la salle dans une émotion profonde et une écoute qui laisse sans voix. Oxmo touche juste, une fois de plus. Un premier album culte, voire même indélébile dans l’histoire du rap français, mais mais qui pour autant n’a pas fait de l’ombre aux titres plus récents, notamment ceux de son dernier album La hauteur de la Lune.
Un oxmo en forme, et une équipe de choc qui l’était tout autant
La scène n’avait même pas besoin de quelconque artifice. Quelques jeux de lumières et un fond inspiré de la cover de son dernier album, voilà tout ce qu’il faut pour mettre en valeur le batteur, le bassiste, le DJ, et bien évidemment le rappeur. Leur présence scénique se suffit à elle seule pour soulever les foules.
Et parmi eux, il y a Victor : Victor n’est pas que DJ, il est aussi et surtout triple champion de DMC, compétition légendaire dans le milieu du hip-hop qui récompense les petits prodiges du DJing. Et ça, on l’a tous bien compris, que Victor méritait amplement ses titres. Il nous a livré sur scène, au delà d’une démonstration, une véritable leçon de rythme, notamment avec sa maîtrise du scratch. Tout cela sans parler du batteur, qui travaille également avec Aya Nakamura et qui nous a délivré des solos particulièrement efficaces.
Et même derrière la scène, Oxmo s’entoure de vraies pointures. Et notamment d’ingénieurs lumière et son, qui lui permettent d’offrir à son public un moment à l’acoustique impeccable et unique.
Et après avoir vécu une heure trente de concert fort en émotions, le show se termine sur son hit mama lova, un titre rendant hommage à sa mère, et qui se veut funky et entraînant, de quoi finir sur une touche dansante.
Encore une fois, Oxmo Puccino nous a prouvé qu’il n’avait justement, plus rien à prouver. L’écriture, le flow, la poésie, l’émotion, la présence scénique : le rap n’a plus aucun secret pour lui. Certes, son dernier album était aussi son ultime, mais pas sûre que l’on l’oublie de si tôt…
Van de Walle Lisa pour BOkAL
Photo couverture © Vincent Desailly



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